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Soul Calibur
Dreamcast / Grâce à son extraordinaire réalisation technique et son formidable intérêt ludique, SoulCalibur est en passe de devenir le nouveau standard qualitatif de la baston 3D.

Et pourtant, lors de l'introduction, on est immédiatement envahi par un sentiment de déception. Mais où est passée la superbe séquence en synthèse accompagnée d'une musique pêchue, déjà vue dans Soul Edge, le premier volet sur PlayStation? On était en droit de s'attendre à un choc visuel au moins aussi fort sur Dreamcast ! Hélas, à la place, ce sont de simples images en 3D temps réel qui défilent, présentant les divers personnages. Cependant, "simple" n'est pas vraiment le mot qui convient. Car, de mémoire de joueur, jamais des graphismes pour un jeu de bourre-pif en 3D n'ont été aussi réussis. Impression confortée par la suite, lorsqu'on entre réellement dans l'arène de combat. D'abord, chaque participant est doté d'une superbe arme personnalisée (glaive, bâton, épée à deux mains ou encore nunchaku) et d'un look terriblement charismatique, avec mus-cles parfaitement modélisés à l'appui (à noter la touche de second degré apportée par Maxi, déguisé en Elvis des bacs à sable). Ensuite, la vingtaine de décors témoigne d'une grande et belle diversité graphique : des paysages terrestres paradisiaques (avec Sophitia) ou alors infernaux (avec Vol- do), votre héros n'aura que l'embarras du choix. D'autant plus qu'il est possible de changer de saison dans certains niveaux et que quelques rings, au cours du Mission Battle, affichent des particularités étonnantes, comme des sables mouvants et des zones explosives ou vénéneuses. Brrrr ! Enfin, SoulCalibur tire sa force de son côté spectaculaire, assuré par des effets spéciaux qui enchantent les mirettes : les katanas sont flamboyants, les explosions surgissent de toutes parts et certains pouvoirs spéciaux (dont les imparables) laissent apparaître de somptueuses traînées lumineuses.

Un spectacle à la croisée de l'imaginaire et du réalisme

Toutefois, ce sont les détails dans l'animation ultra-rapide, à choisir si possible en 60 Hertz (selon l'ancienneté de votre téléviseur), qui laissent pantois. Outre les cheveux et les pièces de vêtement qui bougent en fonction du vent, il n'est pas rare que le personnage exprime sa colère ou sa satisfaction en faisant la moue, fronçant les sourcils ou même clignant des yeux. Et bien sûr, c'est sans compter les mouvements extrêmement réalistes, basés sur les attitudes de vrais artistes martiaux. Vous pourrez d'ailleurs apprécier la qualité de motion capture, à travers un mode spécial, dans lequel chaque protagoniste fait la parfaite démonstration de sa technique. En fait, ce mélange d'imaginaire et de réalisme est un excellent compromis qui séduira autant les férus de baston que les novices en la matière. Les touches de la manette Dreamcast sont donc très simples d'utilisation. X permet d'asséner un coup horizontal, Y un coup vertical, A un coup de pied, tandis que B sert de garde. Libre ensuite à vous de combiner les boutons pour sortir des projections ou des enchaînements inédits. Et pour vous déplacer plus aisément dans l'aire en 3D, privilégiez la croix directionnelle, plutôt que le stick analogique (il suffit de pousser deux fois la croix en haut ou en bas et de maintenir).

Une profondeur de jeu incroyable

À la longue, la stratégie a largement sa place dans ce jeu. Ne seraient-ce qu'avec les contres ou les parades qui, maîtrisés, calment les ardeurs d'un joueur bourrin. Et puis les différentes configurations du jeu relancent l'intérêt en permanence : par exemple, vous pouvez choisir cinq niveaux de difficulté ou décider du nombre de rounds de combat et de leur durée. En jeu à deux, le soft est donc quasi-inépuisable. Et difficile de s'en lasser en solo, car une grande quantité de bonus (lire encadré) vient agrémenter les déjà nombreux modes basiques (Arcade, VS Battle, Team Battle, Time Attack, Survival et Practice). Le seul reproche qu'on puisse éventuellement faire au jeu est de ne pas contenir, comme dans Tekken III, quelques saynètes en images de synthèse ou dessins animés, les fins des personnages étant constituées de trois dessins sommaires avec quelques lignes en français. Un détail bien excusable au vu de la qualité de l'ensemble. SoulCalibur apparaît aujourd'hui, ni plus ni moins, comme la nouvelle référence en matière de baston 3D et règne sans partage tout en haut du panthéon des beat'em up. Tekken Tag Tournament sur PlayStation 2 sera-t-il en mesure de le concurrencer, voir de lui succéder ? Seul l'avenir proche nous le dira...

Olivier